Je dois avoir peut être cinq ans
Je suis en bleu, jusqu'à mes élastiques
Et ma tite frange sur mon front de souris
Et mes petites dents écartées sur mon sourire
J’ai l’air émerveillé
Comme toujours
Comme a chaque chose
Avec mon petit bidon
Et mes couettes de petite fille
Qu’est ce que j’aurais aimé me connaître
Qu’est ce que j’aurais aimé me souvenir
Mais je ne me souviens de rien
De si peu de choses avant mes dix ans
Quelques trucs qui m’ont marqué
Dis maman, raconte moi encore
Car je ne peux qu’imaginer..
Avant ma naissance
Quand mon père ne voulait pas d’un autre enfant
Mais que ma mère en avait un dans le ventre
Qu’il lui faisait la gueule
Et qu’il me regardait à travers la peau de ma mère
De ce regard mauvais
Il n’y avait que ma mère
Et mon frère
Il parait qu’il caressait son ventre en disant
Que lui il me voulait
Sans doute l’a t-il…regretté…depuis
Quand j’étais petite, j’étais dingue de lui
J’ voulais toujours l’accompagner à l’école
Et à son retour j’ lui faisais la fête
Comme un ptit chien le fait a son maître
Il parait qu’il était dingue de moi
Il faisait des trous dans les grands cartons
Pour que je puisse voir une fois qu’il m’aurait mi dedans
Et dans les escaliers il me poussait et moi je riais, et moi je criais
Une fois même, je crois que j’étais dans mon bain
Il s’est mit devant moi pour que mon père me frappe pas
Il a dit touche pas a ma sœur
A sa…sœur
A paque, maman cachait dans le jardin des œufs en chocolat
J’avais un petit panier bleu
Et il m’amenait pour qu’on les trouve
Tous les deux
Et quand il pleuvait
On allait chercher les escargots pour pouvoir les manger
Tous les deux
Et parfois, vu qu’on ne savait pas se parler
Je me mettais sur son lit, juste a coté de lui
Et on lisait
Tous les deux
Et puis il se trouve
Que j’étais dur
Mauvaise
Avec un sens de l’humour déjà noir
Je faisais en sorte qu’il me frappe
Une fois fait je gueulais a maman
Mais je savais que ce serait papa qui viendrait
Pour le frapper
Et puis les secrets je les ai toujours gardé
Pas par fidélité
Juste comme des armes
Des fois qu’il veuille me casser
Je l’ai haïs
Méprisé
Il avait fait du mal a maman
Jamais je n’ai pu lui pardonner
Je le cassais, je le détruisais
Sans aucun remord, sans aucun complexe
Fière d’être plus forte que lui
Certes c’est possible, mais ce n’est pas une raison
Un jour ça restera toujours gravé en moi
Mon père qui s’acharne
Mon frère baissé, de peur des coups
Qui pleurait
Et mon cœur
Qui se brisait
Je n’ai pas d’autres souvenirs juste quelques uns dont je ne veux pas parler, ils font trop mal
Je n’ai rien d’autres
J’ai tout livré
Et ce dont je me souviens
C’est parce qu’on me l’a dit…je n’ai rien d’autre…alors comprenais que je chérisse chacun des objets des pulls des tee shirts
Que j’ai pu récupéré
Qui des deux a raison
Ma mère ou mon père
Est ce des vacances ? Ou une fuite ? Qui ont imposé qu’il vide son compte
Qu’il parte en coup de vent
A-t-il eu peur
Ou est simplement qu’il n’aime pas les adieux
Si seulement tu me répondais…je te dirai combien je t’aime et combien je regrette
Je n’oserai sans doute pas te demander pardon mais
Tu me manques…


Commentaires
quelque part par là, j...
Par isie le 24/06/2007 à 04h33
on grandit, ma fée. mais les liens qui se brisent se réparent.
et un jour, tu apprendras à demander pardon, meme si maintenant, tu n'es pas encore assez forte.
je t'aime tant...
Par mournblade le 17/06/2007 à 16h53
C'est tres beau ce que tu as écrit..
Par vince le 14/06/2007 à 22h03
je crois qu'il n'y a rien à dire après avoir lu ca.. on y voit l'amour, la fraternité.. votre vie commune dans ses grandes lignes...
un amour de frère et de petite soeur, brisé trop vite peut etre...
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