Jeu d’épaule
Je me fraies un passage et échange les rôles
Pourras tu me regarder sans craquer ?
Imiter l’extase pour mieux rire de ton regard mauvais
Pauvre homme amoureux d’un corps séducteur
Déhanché savamment exécuté et sourire railleur
Les cheveux se balancent, crinière majestueuse
Effleure mes courbes comme si elle en était amoureuse
Fasciné tu suis mes doigts
Ils dessinent des runes sur mon ventre
Les imagines-tu sur toi ?
Les imagines-tu en mon antre ?
J’ondule et tu recules
Ce sont des vagues de désir qui se déchaînent
Encore une fois et je t’accule
Oui, je sais…je suis malsaine
Avoue que tu aimes ça
Que tu aimes tout ce noir que tu devines en moi
Relever le visage comme pour l’offrir au ciel
Ou comme pour le narguer, qui sait
Cambré, pointé, arabesque, laisser entrevoir la dentelle
La sueur perle entre mes seins, aimes tu son goût musqué ?
Assis, couché et surtout ne bouge pas
Gentil petit qui n’obéit qu’à moi
Et reste de marbre même quand les sens le font chavirer
Même quand mes talons aiguilles encadrent ton visage
Que mon jupon vient le caresser
Et que tes mains enragent
Non, ne bouge pas, surtout pas
Ne me touche pas, regarde moi
Regarde moi partir sans même un dernier sourire
Dans ton crâne ton sang bat encore
Il n’arrive cependant pas à effacer mon rire
Mon rire, oui, puisque ce n’est pas toi le plus fort…
darkfay©










