il faut se rendre a l'evidence
la grace ne nait pas de la souffrance
j'aurais aimé pourtant
on aurait été beaux, avant
toi jouant de la flute, moi dansant
tu aurais été un virtuose
et mes pirouettes grandioses
n'es tu qu'un homme et moi une fille?
de ces reves, ne sommes nous rien?
et pourtant, je te vois comme un magicien
et pourtant, quand tu me parle, mes yeux brillent
mais nous tenteront, bientot
"on fera dans le mediocre, mais avec sincérité"
ce ne sera pas beau
ce sera vrai
et ce sera sufffisant
pour sourire en y repensant...
C’est de la douleur, dit on que naissent les plus beaux chefs d’œuvre. Elle donne a l’homme une sorte de sérieux qui lui permet de voir entre les lignes de la vie. Moi je ne souffre plus, c’est ma plus grande douleur. Je repense un peu, parfois, à ce temps, sombre et romantique. J’étais plus petite alors, plus forte et plus faible. J’étais un fil de métal, incassable, mais j’étais aussi la couche de givre qui le recouvre, brillante et fragile comme une rosée du matin. J’étais comme ces jeunes filles de mes rêves, blanche à la mort, vêtue de noir, un trait de khôl agrandissant mes yeux et leur donnant la pointe de misère qu’il convient. De longs cheveux noirs lisses, brillants, doux et fascinants encadraient un visage bien grave. J’étais aussi celle en dessous, avec ces vêtements qui façonnent le corps, intriguent par leur cuir, effraient par leurs ouvertures. Mes cheveux n’étaient plus doux, indomptables il crépitaient comme mes yeux de braise. Un sourire mauvais, taquin qui vous défiait s’ouvrait sur des canines pointues. J’étais belle et ne le croyais pas. Mais le temps a passé, mon passé s’envolait vers un futur meilleur. La maison s’est illuminée, les volets bleus se sont ouverts. A la porte, c’est une grande fille forte et intransigeante qui t’attend maintenant. Elle ne survit plus, elle a atteint son but. Elle est active, saine et équilibrée, indépendante et fière, un peu féministe disent même les voisins. Ce qui est dommage, pourtant, c’est qu’elle semble avoir perdu cette fragilité qui faisait son charme. Elle fait peur aux garçons car elle rit trop fort. Elle est un mur dont personne ne peut plus voir les fissures, ses anciens points faibles sont une source de volonté. Ce serait dommage, en fait que cela soit vrai. Derrière la lionne il y a toujours une petite fleur timide et candide, elle n’attend qu’un sourire pour s’épanouir un peu. J’ai encore besoin de bras pour me cacher, j’ai encore besoin de mots pour me souvenir que l’on m’aime. Je ne suis pas si forte si tu regarde bien, prends moi dans tes bras, dis moi que tu m’aimes, chasse les fantômes que je laisse revenir… si tu me protége, tu verras comme je peux être douce et tendre, tu verras comme ma voix tremble quand je te remercie… je suis capable de me relever, mais si tu m’aide, tu verras une autre facette … c’est une demande, c’est un cadeaux, c’est un peu mon cœur et tu en as la clés…
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